de plus, à la différence du changement dans les organisations non bureaucratiques où il est graduel et permanent, ici, il est subit et brutal, les négociations dans les relations de pouvoir s'opérant en dehors de toutes règles. Ses travaux empiriques montrent que cette rationalité est dynamisée ou contrainte par les relations de pouvoir. Face à ces règles et au "ritualisme" des grandes organisations (qui peut s'installer au sein même des instances de concertation), toute menace extérieure (par exemple la nécessité de s'adapter au marché) accroît la conformité et la rigidité, car le changement donnerait lieu à de nouvelles négociations des relations de pouvoir, coûteuses en temps, en énergie et en affectivité. Ainsi, analysant le cas du système politico-administratif départemental français, ils constatent que ce système existe bel et bien, et qu'il est régulé entre filière élective et filière bureaucratique, et même s'il est autoritaire et centralisateur, il donne aux différents acteurs certains avantages pour l'individu et pour la stabilité du système. L'acteur au sens de Crozier-Friedberg est « celui dont le comportement (i. e. l'action) contribue à structurer un champ, c'est-à-dire à construire [des] régulations. Michel CROZIER : Michel Crozier est un sociologue français, né le 6 novembre 1922 à Sainte-Menehould (Marne) et mort le 24 mai 2013 à Paris. De son ouvrage clé, Le phénomène bureaucratique, de 1963, à l'étude des organisations, via une méthode d'analyse stratégique (L'acteur et le système, 1977), il veut contribuer, avec d'autres, notamment dans le Centre de sociologie des organisations fondé en 1963, aux changements structurels indispensables pour l'efficacité économique et sociale. La dernière modification de cette page a été faite le 17 janvier 2019 à 01:14. Bien plus, leur situation stratégique sera d'autant meilleure et le pouvoir qui en découle d'autant plus grand, que les sources d'incertitude seront moins nombreuses. https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Analyse_stratégique_(sociologie)&oldid=155889571, Wikipédia:ébauche théorie des organisations, Portail:Sciences humaines et sociales/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. L'analyse stratégique est un paradigme de la théorie des organisations proposé par Michel Crozier et Erhard Friedberg. 94 Dominique Martin : L’analyse stratégique en perspective Michel Crozier, à travers son ouvrage principal, Le Phénomène bureaucratique (1963), puis ses travaux sur l’administration française, a considérablement renouvelé la sociologie du travail dans les années 1960 et … Comme il le dira lui-même beaucoup plus tard, ce séjour sera décisif pour l'intellectuel de gauche littéraire et épris de critique sociale qu'il était. Ce qui accroit la digité de l'organisation, notamment si elle est de taille importante. À partir de 1999, il est membre de l'Académie des sciences morales et politiques (élu au fauteuil de François Lhermitte). "De plus, écrivent-ils, il vaut la peine de souligner qu'il n'y a pas d'analogie entre le choix de valeur implicite dans la priorité donnée au mode de régulation "démocratique" et le choix de valeur implicite dans la décision de constituer le système qui le rend possible. La rigidité avec laquelle sont définis le contenu des tâches (que ce soit en atelier ou en bureau), les rapports entre les tâches et le réseau de relations humaines nécessaires à leur accomplissement, rend difficile la communication des groupes entre eux et avec l'environnement. Afin d'éliminer l'arbitraire ou les pressions trop personnelles, le pouvoir décisionnel est éloigné des cellules d'exécution. Michel Crozier ou l'acteur dans le système Marc Mousli Alternatives Economiques n° 258 - mai 2007 Fondateur de la sociologie française des organisations, Michel Crozier a étudié les relations des acteurs au sein des systèmes grâce à une méthode originale, celle de l'analyse stratégique. Ce sont des organisations dans lesquelles "le circuit, erreurs-informations-corrections fonctionne mal et où il ne peut y avoir, de ce fait, correction et réadaptation rapide des programmes d'action, en fonction des erreurs commises. GOULET, P. SELZNICK...) dont il cherche à dépasser les imperfections et les insuffisances théoriques. - "La mise en évidence de ce système, qui structure l'ensemble des relations de pouvoir du milieu départemental, et la preuve de son existence n'ont pas seulement un intérêt académique. L'analyse stratégique selon CROZIER et FRIEDBERG. Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) La principale question posée par l'Analyse Stratégique est la question du pouvoir. le système ne bouge pas, mais tend à devenir une peau de chagrin. Les individus ou les groupes qui contrôlent une source permanente d'incertitude dans un système de relations et d'activités dans lequel le comportement de chacun peut être prévu à l'avance, disposent d'un certain pouvoir sur ceux dont la situation pourrait être affectée par cette incertitude. Les acteurs interviennent dans un système, l'organisation, qui doit et peut s'ajuster à des contingences et à des changements de nature diverse. D. Martin (2012), L’analyse stratégique en perspective, Revue européenne des sciences sociales, 50-2 p. 93-114. le lien ou Pdf. Il montre dans cet ouvrage que les acteurs, inclus dans une situation bureaucratique, peuvent manquer d'efficacité et d'initiative à cause des règles. Les agriculteurs traitent leurs affaires en dehors du département. L'analyse stratégique est un paradigme de la théorie des organisations proposé par Michel Crozier et Erhard Friedberg.C'est l'analyse du comportement des acteurs donnés comme stratégiques. Néanmoins, la grille de lecture qu’il propose, l’analyse stratégique, dépasse la simple analyse des firmes pour interroger, comme en témoignent ses écrits des années quatre-vingt-dix (1989, 1995) l’évolution des sociétés en général. Ceci étant posé, notamment à partir des travaux de Philippe BERNOUX (La sociologie des organisations) et de J-P. MEINADIER (Ingénierie et intégration des systèmes, Hermès, 1998), de CROZIER et FRIEDBERG (L'acteur et le système) et de Sophie LANDRIEU-KARTOCHIAN (Théorie des organisations, Gualino, 2013), de même que ceux de Pascal PICQ (Nouvelle histoire de l'Homme, 2006), l'analyse stratégique possède plusieurs facettes. Nous pouvons donc, en contrepoint du cas du système politico-administratif, faire apparaitre, d'une part, que ce qui nous semble naturel dans un système d'action peut être effectivement contingent, même si nous ne pouvons avoir prise sur lui, et d'autre part, que la relation entre les divers choix contingents qui le constituent n'est pas, comme on le croit trop souvent, par facilité, une relation de cohérence de valeurs. Au-delà des circuits administratifs qui orientent ceux-ci vers la greffe ou vers la dialyse, même lorsque la technologie est mise au point, interviennent des choix qui mettent en action des acteurs aux perceptions différentes. L’analyse stratégique autour de Michel Crozier. On cherche à expliquer la construction des règles (le construit social) à partir du jeu des acteurs empiriques, calculateurs et intéressés. Mais on peut indiquer les limites des performances possibles. - Le développement de relations de pouvoir parallèles est la conséquence de l'impossibilité d'éliminer complètement toute zone d'incertitude. Ce cercle vicieux se caractérise par quatre traits essentiels observés dans les organisations : - Le développement de règles impersonnelles gérant le fonctionnement l'organisation. Il montre dans cet ouvrage que les acteurs, inclus dans une situation bureaucratique, peuvent manquer d'efficacité et d'initiative à cause des règles. Qu'est-ce que le pouvoir? C'est l'analyse du comportement des acteurs donnés comme stratégiques. Cependant, il n'existe pas d'ajustement naturel – c'est-à-dire automatique et incontrôlé – mais uniquement des construits, ce qui suppose la présence d'une intentionnalité. - "Enfin, l'analyse telle qu'elle a pu se préciser nous apporte une dernière contribution. Elles permettent surtout de montrer l'inutilité ou même la nocivité de nombreuses réformes qui, au lieu de dynamiser un système trop pesant et trop rigide, ne font que l'alourdir". Autour de celles qui subsistent, des relations de pouvoir parallèles se développent et, avec elles, des phénomènes de dépendance et de conflits. Elle peut servir, en effet, encore à poser le problème du changement du système lui-même, c'est-à-dire, en termes plus immédiatement perceptibles, de toutes les pratiques qui sont l'objet en même temps que le moyen du débat politique. Souvent pour renforcer le contrôle - technique et social - à l'intérieur des entreprises. Michel Crozier est un sociologue français, né le 6 novembre 1922 à Sainte-Menehould (Marne) et mort le 24 mai 2013 à Paris. Michel Crozier ou l'acteur dans le système Marc Mousli Alternatives Economiques n° 258 - mai 2007 Fondateur de la sociologie française des organisations, Michel Crozier a étudié les relations des acteurs au sein des systèmes grâce à une méthode originale, celle de l'analyse stratégique. Les relations de pouvoir sont donc des négociations permanentes où chacun chercher à accroître la marge d'imprévisibilité de son comportement vis-à-vis d'autrui, tout en édictant des règles ou plus généralement en agissant pour réduire la zone d'incertitude de l'action d'autrui vis-à-vis de soi (dans les relations contremaître/subordonné par exemple). Pour Crozier et Friedberg, ces mécanismes assumés constituent le système d'action concret. Certains membres de l'organisation - entreprise ou structure administrative - ont du pouvoir sur d'autres par le simple fait que le comportement de ces derniers est étroitement limité par des règles, tandis que celui des premiers l'est beaucoup moins. Les grandes villes lui ont échappé depuis longtemps, bien qu'elles continuent théoriquement à faire partie du cadre institutionnel départemental. Paris: Éditions du Seuil. The French version will be published in 1992 by Editions du Seuil in a book devoted to the seminar. Il est le principal concepteur de l'analyse stratégique et de l'action collective en sociologie des organisations. Michel CROZIER, Erhard FRIEDBERG, L'acteur et le système, Seuil, 1977. 2 Paris: Editions du Seuil, 1963. Beaucoup d'autres interérêts, même si c'est avec beaucoup moins de succès, s'engagent dans la même voie. - Si Michel CROZIER met en cause les affirmations des rationalistes de l'organisation scientifique et se range aux côtés de J. En retenant comme idée ou concept initial, qu'un système est un ensemble d'éléments en interrelation en vue de répondre à une finalité, ses acteurs (pris au sens d'éléments) sont globalement interdépendants, comme le montrent les paradigmes successifs en théorie des organisations, qui ont des applications bien concrètes. Par leurs travaux individuels, par les sous-groupes dont ils font partie, ils concourent à animer et à faire (sur)vivre une organisation (une des idées que l'on retrouve aussi chez Pascal Picq dans Nouvelle histoire de l'Homme, 2006). Sa genèse, ses applications et ses problèmes actuels. Chaque membre de l'organisation se trouve donc protégé à la fois contre la pression de ses supérieurs et contre celle de ses subordonnés ; mais cette protection est aussi un isolement et sa conséquence est double : d'une parti il est privé de toute initiative et soumis totalement à des règles qui lui sont imposées du dehors et d'autre part il est complètement libre de tout lien de dépendance personnelle, et notamment d'une parentèle qui dans certains cas dans certains pays colonisent des pans entiers des administrations. de l’obéissance à la responsabilité diffusée’, in F. Pavé (ed.) À partir de 1999, il est membre de … De Max WEBER, il critique la croyance en "la supériorité absolue du système hiérarchique réglementaire et bureaucratique en matière d'efficacité, (puisque) l'analyse des faits démontre que plus ce modèle prévaut, moins l'organisation est efficace". Cette contribution est particulièrement décisive actuellement (en 1977), car le système d'action départemental semble incapable désormais, du fait de ses caractéristiques aussi bien que de son mode de régulation, de s'engager dans une voie d'adaptation graduelle. ENTREVUE: MICHEL CROZIER 113 mais elle remet en question l'essentiel de leurs résultats, car ces théories sont a priori abstraites et correspondent mal à la réalité. ", - "nous n'avons pu mettre suffisamment en évidence le degré de conscience que les acteurs ont de l'existence de ce système, mais nous pouvons faire l'hypothèse que beaucoup d'entre eux en ont l'intuition et tiennent compte avec sagesse des contraintes que ce système impose et des limites à ne pas dépasser pour pouvoir oeuvrer efficacement en son sein. L’œuvre de Michel Crozier marque un tournant dans la sociologie française du travail des années 1960 et 1970. Cette analyse et bien d'autres conduiront à un mouvement administratif et politique conjoint de décentralisation et de régionalisation. Crozier est à l'origine de la sociologie des organisations française, un courant de recherche qui a rompu avec les démarches fonctionnalistes et a introduit l'analyse stratégique des acteurs. - "En ce qui concerne les performances mêmes du système, d'autres facteurs naturellement entrent en ligne de compte. L’analyse des organisations et des stratégies », dans : , 100 penseurs de la société.sous la direction de Damon Julien. On peut donc sérieusement penser à l'éventualité d'une crise que seule une restructuration profonde permettrait d'éviter." Il répond naturellement aux pressions du milieu par le retrait. Néanmoins, la grille de lecture qu’il propose, l’analyse stratégique, dépasse la simple analyse des firmes pour interroger, comme en témoignent ses écrits des années 90 (1989, 1995), l’évolution des sociétés en général. Michel Crozier, né en 1922, nous a quittés le 23 mai 2013. Ces acteurs sont dotés de rationalité, même si elle est limitée ; ils sont autonomes et entrent en interaction dans un système qui contribue à structurer leurs relations, leurs "jeux". Bien au contraire, tout en prenant en compte des analyses des dysfonctions internes, c'est plutôt en fonction d'expériences antérieures de l'organisation que tout se passe... Soit en fonction des approches tayloriennens, fordiennes ou toyotiennes... Malgré l'extension de la réflexion des successeurs de Michel CROZIER à toutes les organisations, qu'elles soient administratives ou productrice de biens et services, les entreprises, et par capillarité, les administrations de nombreux États dont les gouvernements entendent régir leur pays comme une entreprise, suivent surtout la postérité des fondateurs de "l'organisation scientifique du travail", qui connait ses premières applications dès le XIVe siècle et qui voit certaines de ses méthodes et objectifs se développer surtout lors de la deuxième révolution industrielle de la fin du XIXe siècle. Les conflits internes aux catégories sont remplacés par les conflits entre catégories, elles-mêmes caractérisées par une forte cohésion interne (esprit de corps). Biographie : cf Wikipedia Michel Crozier Michel Crozier fonde en 1962 au CNRS une équipe de recherche : le CSO (Centre de Sociologie des Organisations) centrée sur l'analyse des organisations. - Le cercle vicieux bureaucratique s'installe lorsqu'il y a multiplication des règles de fonctionnement pour contrôler ce pouvoir d'expert. Là, d'autres éléments interviennent, s'agissant souvent de questions de vie ou de mort des patients. Ce sont ces règles impersonnelles, dans le système de Max WEBER, qui définissent dans le détail le fonctionnement de l'organisation et les rapports entre les agents. ces comportements suscitent de nouvelles pressions pour l'impersonnalité et la centralisation, car l'impersonnalité et la centralisation offrent, dans un tel système, la seule solution possible pour se débarrasser des privilèges abusifs que ces individus et ces groupes ont acquis. Pour les deux auteurs de l'ouvrage L'acteur et le système, l'analyse prime sur la théorie et l'analyse stratégique des systèmes d'action est avant tout une démarche sociologique. Michel CROZIER part d'abord de réflexions sur les mouvements ouvriers et socialistes, puis sur le syndicalisme américain, pour s'intéresser ensuite aux organisations de manière plus générales. MARCH et de H. SIMON pour défendre le caractère limité de la rationalité, d'autres sociologues se mettent au service des entreprises pour tenir compte de ces limites afin de rétablir la rationalité du fonctionnement, quitte à faire des concessions avec les désirs des employés. Paradigme de la théorie des organisations de Michel CROZIER, l'analyse stratégique est l'analyse du comportement des acteurs donné comme stratégique. De plus, les analyses stratégiques n'entendent pas seulement comprendre ce qui se passe à l'intérieur de l'organisation, mais également comment conquérir des pouvoirs ou des marchés par l'étude des relations entre organisations. C'est à dire un Etat qui se contente de réguler les intérêts particuliers, de veiller à ladjudication des marchés et à la protection des transactions. Autrement dit, le pouvoir d'un acteur sur un autre dépend de l'imprévisibilité de son comportement face à son partenaire. Ce que ces sociologues retiennent, même s'ils n'en font pas le même usage que le penseur français, ce sont les relations de pouvoir et les zones d'incertitude et le cercle vicieux bureaucratique. Elles permettent de comprendre tr§s pratiquement quelles sont les décisions qui peuvent être prises dans un tel ensemble et quelles sont celles qui ne pourront l'être. Les relations de pouvoir se fondent sur la notion d'incertitude des comportements dans l'organisation. Dans son ouvrage en 1986 sur l'avenir d'un Etat moderne, Michel Crozier affirme la nécessité de transformer lEtat arrogant et autoritaire en Etat modeste. Chaque acteur tente de se construire des marges d'incertitude qui lui permet d'échapper aux volontés des autres. En conséquence, le changement ne peut provenir directement de l'extérieur. Prenant la suite des analyses structuro-fonctionnalistes, cette théorie, élaborée conjointement par FRIEDBERG et CROZIER, tente de rendre compte du comportement des membres des organisations, dont les actions mêmes structurent leur champ d'action. Notons que lorsque des sociologues parlent de pouvoir à l'intérieur de l'organisation, il ne s'agit pas tellement d'un pouvoir sur la structure (que beaucoup ne recherchent même pas) ou même seulement du pouvoir de décision (à quelque échelle que ce soit), mais du pouvoir de se livrer à des jeux dans l'espace et le temps de présence dans l'organisation, à des fins strictement individuelle (ou de petits groupes très restreints), pour échapper à la pression de la rentabilité, ce qui a une incidence directe sur les quantités et les qualités de travail fournies... Les analyses stratégiques tentent de déterminer comment jouer sur ces dysfonctionnements propres aux organisations, soit en contrariant ces recherches de zones d'incertitude de la part des agents, soit en utilisant les aspirations personnelles de ces agents en faveur des objectifs de l'organisation. La plupart, en tout cas, ont une conscience aigüe des nécessités du jeu ou des jeux auxquels ils participent. Tous ces facteurs, toutefois, demeurant médiatisés par les caractéristiques du système et par l'effet de sa régulation. On peu aussi mettre en lumière les contraintes que crée, pour un type de performance ou pour un autre, l'existence du système et apporter ainsi une réflexion utile sur leurs chances d'amélioration.". Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Hors collection », 2016, p. 61-62. Son ouvrage de 1987 (Etat modeste, Etat moderne) confirme cette préoccupation constante, préoccupation relativement détournée de nos jours par les tenants d'un Etat minimum, réduit à ses fonctions (et encore) régaliennes. Dans son livre Le Phénomène Bureaucratique (1964), Michel Crozier étudie le fonctionnement et les dysfonctionnements des systèmes bureaucratiques à travers notamment la SEITA (aujourd’hui Altadis) qui était à l’époque le détenteur du monopole exclusif de la culture, de la fabrication et de la vente de tabac et de cigarettes. Les acteurs interviennent dans un système, l'organisation, qui doit et peut s'ajuster à des contingences et des changements de natures diverses. Par leurs travaux individuels, par les sous-groupes dont ils font partie, ils concourent à animer et à faire vivre et survivre une organisation. Cette interdépendance ne signifie pas pour autant interaction : le fait que deux actions se coordonnent dans le but de remplir un objectif ne suppose pas forcément que les acteurs à l'origine de ces actions travaillent effectivement de concert, c'est-à-dire intentionnellement. On peut choisir (en résultance des acteurs dominants) le système d'action pour obtenir la performance ou choisir la performance en fonction de la contrainte du système d'action. A ce phénomène, la direction d'une entreprise peut soit resserrer les contraintes réglementaire (dit de sécurité par exemple) ou au contraire à installer des fonctions régulatrices et de négociation (réunions de travail réunissant plusieurs collègues par exemple) ou effectuer un mixte de ces deux méthodes.